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édito 13 Juillet 2008 :: 11:08]

Illustration de l'édito Juillet 2008




HELLFEST 2008, 20-22/06/2008 : CLISSON EN ENFER

[LOU DIABL' IL EST VIENDU, ET IL A TOU MANGEA]
Une correspondance imaginaire de Raphaël de Saint-Jean, envoyé spécial à Clisson et correspondant du FiGarou




Juin 2008.
Clisson, à feu et à sang.
Hellfest, le festival des adeptes du Diable, avait frappé, durement.


Pourtant, certains des citoyens [minoritaires] de cette petite commune de quelques milliers d'âmes, par ailleurs ouverte à l'organisation de moult manifstations culturelles, parmi lesquelles la Nuit des Fées de ce prochain mois de septembre 2008, avaient vu le drame programmé.
Oui, gentes damoizelles, messires ! Ces minoritaires s'étaient bougés, dans un héroïsme désespéré, pour éviter que le pire ne se produise.
Ils s'étaient organisés, avaient travaillé à l'élaboration d'un texte senti et pensé, qui avait parsemé les rues de la bourgade sous la forme d'un tract sobre, au lettrage choisi et à la plume distinguée. Intitulé "Une Fête de l'Enfer à Clisson", ce texte était le cri du désespoir, l'avertissement dernier, l'ultime souffle contre le grondement du feu de l'Apocalypse.
Ces minoritaires actifs avaient puisé en eux un ineffable courage doublé d'une incroyable modestie : alors qu'ils en appelaient au sursaut collectif, qu'ils campaient finalement sur l'essentiel, cette morale et ce respect qui nous permettent de vivre ensemble, ils préféraient rester anonymes et agir en tant que "Collectif". Ils se forçaient à ne pas signer de leur(s) nom(s) au gré d'un style distingué, aux tournures très XVIIIème siècle, un florilège de vérités pourtant profondes, et toujours bonnes à rappeler : la musique Metal est une musique choquante, oui. L'œuvre de purs NAZIS (ou disons, à 99,99666%) appelant à la haine, à la glorification des mutilations physiques, à la violence, au viol et au meurtre. Une musique de salauds, d'assassins.

Alors quand, mon Dieu QUAND, lèvera-t-on le voile sur ces festivals géants de musique du Diable qui se transforment irrémédiablement en meurtres de masse dans toute l'Europe, et face auxquels l'impuissance manifeste des Forces de l'Ordre les désespère elles-mêmes toujours plus ? Le Diable a-t-il gagné la partie ? Va-t-il définitivement corrompre toute l'Humanité ? Noir, c'est noir, mais ne reste-t-il plus aucun espoir ?

Certains, animés par une intention toute maligne, pointèrent le doigt sur l'anonymat de cette voix parlant en Clisson au nom d'un certain nombre. Ils n'auront pas fait illusion. Ils étaient secrètement connectés à la Barbarie et cherchaient à miner l'initiative de résistance morale et citoyenne. Ils portaient la parole de la Bête, mais qu'ils se le disent, aujourd'hui que leur forfait est commis. Nous les regardons en face, et nous le savons : les initiateurs du sursaut moral avaient de bonnes raisons. Cet anonymat visait à leur garantir la survie. Ils voulaient éviter le pire à leur familles : les sortilèges vaudou, les enlèvements et les sacrifices que l'on attribue à ces impies avides de violence, de messes noires et de saturations grasses, ces Barbares venus tout détruire.

Nos héros, ces anonymes, prenaient le Hellfest très au sérieux. Et les évènements l'ont montré : ils n'avaient pas tort.
Le Hellfest, ce fut l'apocalypse. La fin de tout.
Le pire, envahissant le réel et annihilant la paix qu'avait gagné Clisson la charmante.

Un vrai film d'horreur, mais en vrai.
Une horde de Barbares, oui - des milliers, des milliers, qu'ils étaient ! -, a envahi l'espace. Ils venaient de loin, par bateaux, par montgolfières, par cheval. Avec des grandes épées entre les dents, et des haches aussi. Et des tatouages. Et il y avait des FEMMES parmi eux ! Des sorcières !!!

La résistance fut sommaire : ce tract, héroïque donc, et dont la reproduction figure ici, pour la Mémoire. Et puis, lorsque les rangées de flammes naquirent à l'horizon, lorsqu'on entendit le grondement de la Bête, il s'est levé l'option dernière : l'interposition physique, dernier et fragile rempart à la Haine de cette multitude grognante. Il fallait sauver Clisson. Les derniers hommes de foi se sont élevés, brandissant croix et ail, mais rien n'y fit.
Possédés par le Malin et répandant leur fiel tout en poussant des cris que les gorets eux-mêmes ne reconnaîtraient pas (mais les loups, peut-être), ces vikings abreuvés de haine et de bière, ces DIZAINES DE milliers de vampires à barbe brûlèrent tout sur leur passage. Ils violèrent femmes et tuèrent enfants, transformant Clisson en Enfer.
Mais QUE FAISAIT L'ARMEE ?

Aujourd'hui, Clisson n'est plus que ruines, cendres et désolation. Les Barbares laissent derrière eux le silence, le chant de la mort. Les cris des derniers survivants meurent sous les décombres fumants, et derrière ce muret, un enfant prostré, aux vêtements défaits, coule une dernière larme avant de s'écrouler.
Lorsque les pouvoirs publics abandonnent, lorsque les Encycliques brûlent, il ne reste rien. Rien que cette odeur de restes de fonds de cuve, cette pestilence persistante après les concours de rots et du pipi le plus loin qu'organisèrent, des dires de survivants cachés et terrifiés, les festivaliers après le massacre, dans la glorification de leur propre inhumanité.

Il n'est que temps que tout cela cesse.
Alors, avant que d'autres massacres aient lieu, refusons l'abject, il n'est pas de fatalité. Disons NON, NON, et NON. Faisons pression sur nos élus, levons nous et n'ayons plus peur.
Voilà, c'est dit.

Ah, mais.