Interview]
Aquilon
07/2004 - par e-mail
Se mettre entre les oreilles un album de la trempe d’ « Intramedia » durant les vacances à de quoi vous remuer. Au point de jeter du sable sur vos voisins de plage, le pied incontrôlé et pris par la musique, les écouteurs visés sur les oreilles.
Mais « Intramedia » restera plus d’un été sur votre platine, c’est pourquoi il est temps de rencontrer le groupe et d’en apprendre un peu plus sur cette formation qu’on espère en voie d’explosion !
-ObsküR[e] :Vous avez énormément évolué depuis « Les Ombres des Quatre Murs ». Pouvez vous nous « raconter » ce qu’Aquilon a vécu durant cette période ?
- Seb : salut tout le monde !! Et bien Nico pour te répondre, le MCD « les ombres de quatre murs est sorti en juin 2003, il était donc temps de nous renouveler et de produire un vrai album avec un son beaucoup plus dense et plus puissant pour redonner a nos compos leur coté live. Outre notre participation à bon nombre de concerts et festivals comme le Nuclear Fest 8 à Saint Paul Trois Châteaux, l’underground festival 2 à Millery, le Metal Attack II à Salon de Provence, le Black Knight Day Fest en Avignon et divers concerts comme celui du Poste à Galène sur Marseille, nous avons composé durant cette année l’entier album.
Certains premiers titres ont été remaniés, réorchestrés et bon nombre de nouveaux ont été composés avec chant en français exclusivement.
Notre line up a également subi une évolution au niveau de la batterie puisque Fabien Giordani (ex- Sanguinarium) a remplacé Ghislain Félix (Dryade) fin décembre 2003.
A peine deux mois de préparation acharnée et d’apprentissage des morceaux et voilà déjà Fabien le casque sur la tête en février 2004 pour les prises de sons au Studio de Gojira. Rires... c’est une réelle joie et nouvelle force pour le groupe que d’avoir un élément aussi motivé que talentueux.... j’arrête sinon Fabien va prendre la grosse tête ! Rires.
Fab : merci de ton soutien mon sebâ€'
-On a le sentiment que vous avez « recentré » votre recherche musicale sur une optique plus compacte et percutante, par rapport aux titres de votre précédente livraison, en favorisant les couches sonores plutôt que les juxtapositions de sonorités ? Est-ce mon interprétation ou une réalité ?
-Seb : Nous avons très certainement favorisé une approche plus moderne et plus compacte du son en général. Les voix d’Alexandre et Anne sont beaucoup plus travaillées et Laurentx (ingé son) a fait un travail remarque à ce niveau là . Les voix sont tantôt doublées d’agressivité tantôt doublées d’une ligne mélodique aérienne au gré de l’évolution des compositions et selon l’orchestration que nous avons voulu donner aux différents titres. L’orchestration, le dynamisme et la musicalité du morceau justifiaient donc certains choix.

-Placez vous les textes au même niveau d’importance que la musique dans le concept d’Aquilon ? Préférez vous les abstractions lyriques ou des textes plus ancrés dans la réalité ?
-Seb : nos textes sont profondément ancrés dans l’actualité. Le concept même d’Intramedia est basé sur l’aliénation des hommes aux médias avec « Intramedia », aux drogues dans « Pulse », à la mort « Témoins de l’aube »....
Chacun des titres composant l’album a son actualité propre.
Il est clair que les textes sont le domaine exclusif d’Alexandre en qui nous avons une totale confiance dans l’écriture. Ils participent bien évidemment autant que l’instrumentation en elle-même à la satisfaction générale du morceau.
-Le fait d’utiliser aussi bien le français que l’anglais vous permet-il de mettre en relief des textes qui vous tiennent profondément à cœur ? Ou est-ce plutôt relatif aux sonorités recherchées sur un titre en particulier ?
- Fab : le français nous tient à cÅ“ur, étant notre langue maternelle, il est intéressant de l’utiliser. Les mots sont peut être plus durs à choisir surtout au niveau des sonorités, mais au moins je pense (personnellement) que le sens du texte ressort beaucoup mieux. Alors que l’utilisation de l’anglais, est certes beaucoup plus répandue, mais pour un groupe français difficile de se faire comprendre; surtout pour la maîtrise de la langue et de sa complexité des sensâ€'notre but a été durant notre évolution de se servir des deux langues, voir comment le public réagit, le français a l’air apparemment plus approprié sur certains morceaux...pour ce qui de la sonorité nous en sommes assez content dans les deux cas.
-Comment décririez vous les grands mouvements ou les titres phares d’Intramedia ? (Source d’inspiration, effet cherchéâ€')
-Fab : tout le long de cet album Intramedia, il y a une évolution musicale qui se prononce, des styles et influences que chacun a apportéâ€'
Sur le premier morceau, « articuler les chapitres », la simplicité est peut être mise plus en avant pour favoriser l’impact du chant et du texte. Sur le titre intramedia par exemple, notre inspiration fut de « brutaliser » la chanson en y incorporant beaucoup de passages soutenus de double pédale, et certaines complexités de structure pour soutenir tout simplement le texte qui dénonce les médiasâ€' Il fallait trouver l’ambiance relativeâ€' Tout au long de notre opus, nous recherchons la puissance, et surtout le « droit au but » â€' Le titre « les témoins de l’aube » est je pense un des plus efficaces, la structure est très simple, ce qui favorise une ambiance froide que nous avons voulu incorporer avec encore et toujours les chants d’Alex et Anne en avantâ€'
Seb : je poursuis en disant que le morceau « Univers », bénéficie d’un chant atypique qui colle parfaitement aux multitudes d’ambiance et passages arrangés tout au long du titre.

-Avez vous dans les cartons de quoi satisfaire très prochainement notre envie d’en entendre plus de votre part :o) ? Etes vous des compositeurs « lents » ou prolixes ?
- Seb : Réponse difficile dans la mesure ou les morceaux sont très souvent remaniés pour les améliorer... cela prend donc du temps. Généralement les plans de compositions sont assez lents à mettre en œuvre mais une fois la base trouvée, la composition commence à prendre rapidement une forme générale même si bien entendu sa structure risque d’être remaniée la semaine d’après sur avis et proposition d’un membre du groupe.
Partant de là , la composition évolue et le plus souvent les filles ont des idées d’orchestration que le groupe adopte après de multiples essais... l’ego masculin est souvent à rabattre avec nos deux demoiselles prolixes.
Fab : .... nos cartons sont en train de se remplir pour une prochaine grosse expédition... rires
-La production de cet album est réellement bonne. Avez vous passé beaucoup de temps à la peaufiner en studio ou aviez vous déjà tout préparé ?
- Seb : S’agissant de la préparation, il est évident que l’entrée en studio doit se préparer minutieusement pour chaque musicien afin de gagner le maximum de temps possible lors des prises de son qui sont un élément majeur de la qualité de l’album.
J’en profite pour glisser un mot sur l’artwork et les illustrations. Anne et Alex avaient soigneusement tout préparé de décembre à fin janvier afin de gagner la aussi du temps sur les délais de pressage et d’édition d’un digipack, qui rappelons le, sont beaucoup plus longs que ceux d’un CD classique.
Christian Bivel, Boss d’ADIPOCERE, notre label et co-producteur, nous avait recommandé quelques studios mais notre choix était fixé sur le Studio de Gojira, lequel nous paraissait avoir un son plus adéquat à nos attentes.
Fab : En tant que nouveau membre, j’ai eu très peu de temps pour la préparation de l’enregistrement (2 mois à peine). J’ai du apprendre les morceaux et participer à la composition de quelques derniers titres avant de partir faire les prises de son. L’organisation du groupe au niveau du studio était en place, ce qui a favorisé la vitesse de création.
-Comment vous situez-vous vis-à -vis de la scène métal française ? Etes vous en relation avec d’autres groupes et comment se passent ces échanges ?
- Seb : Outre Adipocere qui s’occupe de nous, nous avons un propre tourneur « Dark Sunrise Touring » qui s’occupe aussi de Kristendom, Kayzen, Benighted, etc... Bien entendu nous avons également un propre circuit de connaissances personnelles entre groupes, je veux parler de nos amis de Kristendom, Funérarium, Old Légend, Zuul-FX, Hedawn, Belenos, Furia, Benighted, Destinity, Lex Talionis, etc.... ces échanges sont tous de bouches à oreilles et fonctionnent toujours bien lorsqu’on s’entend avec des gens dignes de confiance. A ce jour personne ne nous a déçu et nous nous rendons l’appareil entre nous autant qu’il nous en est possible en se faisant mutuellement jouer.
Fab : pour l’instant, les concerts donnés avec AQUILON, m’ont permis de voir une réelle connivence et complicité entre les groupes, plus ou moins connus. La scène française a donc de réels groupes qui ont encore l’esprit « musicien ». Merci à eux.

-Comment synthétiseriez vous « Intramedia » afin de donner envie à nos lecteurs de découvrir votre premier album ?
- Seb : Intramedia est l’aboutissement professionnel de plus de dix années d’instrumentation de chacun des membres qui l’a composé. C’est notre première récompense en tant que musicien depuis que nous jouons tous à travers nos différentes formations précédentes. Nous y avons mis nos tripes et notre cœur pour que tout sonne comme un grand album et que rien ne fasse apparaître qu’il s’agit d’un premier album. Notre challenge a été je crois, selon les chroniques, plus que réussi. Je dirai que cet album est carré, compact, sombre, puissant, moderne, très soigné et en plus très beau visuellement....bref, un collector....Rires
Fab : Pas mieux... nous tenons à remercier le site Obsküre pour son soutien, Adipocere, Christian et Frank, les groupes avec lesquels nous avons réellement pris du plaisir à jouer.... ils se reconnaîtront... et tous ceux qui auront la curiosité musicale de découvrir et d’acheter notre album « intramedia ».
LINE UP
Anne Greco : chants/ claviers
Sabrina Moïse : basse
Alexandre Soles : chants/ claviers
Sébastien Massa : guitare
Christophe Godbille : guitare
Fabien Giordani : batterie
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