D’abord il y a cette pochette – encore une fois incroyable – signée Baldo. Et si elle vous penser aux premiers efforts de Frustration, c’est normal, elle devait apparaître à l’origine sur Full of Sorrow, l’EP de 2006. Puis il y a cette déclaration de Fabrice Gilbert, le chanteur, qui présente ce nouvel album comme étant à la fois "le plus désabusé, le plus énergique et le plus libre" du groupe. La curiosité est piquée tant jusqu’à présent, la discographie des Parisiens est irréprochable.
Et enfin, vient le moment de découvrir la musique. "Insane", le titre d’ouverture fait l’effet d’un coup de poing avec sa rythmique digne d’un morceau EBM, entrée en matière détonnante et franchement réussie. L’enchaînement avec la bombe post-punk "Pulse" est imparable : l’énergie qui s’en dégage est irrésistible et promet de rapidement devenir l’un des moments phares de prochains concerts du groupe. Frustration sait aussi ralentir le rythme comme sur "Slave Markets", le duo plein de spleen avec Jason Williamson des Sleaford Mods ou sur l’aérien "Lil’ white Sister". On retiendra aussi les deux titres en français, le rageux "Brume" et "Le grand Soir", à l’atmosphère étouffante, qui vient clôturer le disque en beauté.
So Cold Streams varie les ambiances avec justesse. Il arrive à allier rage et douceur tout en sonnant résolument comme un disque de Frustration. Après quinze ans de carrière, le groupe n’a rien perdu de l’authenticité qui le caractérise et parvient encore à surprendre. Un nouveau classique à ajouter à la collection.